Edition et diffusion
Olivier Forlin, L'Harmattan, 2010, (La librairie des Humanités)
L'idée nationale en Italie, sans être responsable d'une quelconque "anomalie" italienne en Europe, revêt d'assez fortes singularités dans ses fondements et ses caractéristiques.
Elles ont déterminé pour le pays une trajectoire propre, en tant que Nation, marquée notamment par une difficile rencontre entre l'État et la Nation, par des interrogations récurrentes sur l'identité nationale. Ce furent parfois, lors de certaines périodes de crise aiguë, particulièrement à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'unité du pays et le sentiment d'appartenir à une même entité nationale qui furent en cause ; l'Italie ne fit alors pas l'économie d'une guerre civile.
C'est l'étude des fondements et de l'évolution de l'idée nationale qui est au cœur de l'ouvrage, avec un éclairage particulier apporté à certaines périodes clés de l'histoire du concept de nation : triennio révolutionnaire de 1796-1799, Risorgimento évoqué au travers de la figure de l'un des pères de l'Unité, Giuseppe Mazzini, ventennio fasciste, années 1943-1945 marquées par une lutte fratricide et l'effondrement de l'idée nationale, reconstruction nationale sous le signe de la République démocratique et de l'antifascisme, enfin crise de l'identité nationale sous l'effet des bouleversements politico-idéologiques et des enjeux mémoriels des années 1990 et 2000.
Les interrogations sur l'idée nationale occupent en effet une place de choix, depuis les années 1990, dans le débat public. Si la recherche et la réflexion sur la question se trouvent, de fait, stimulées, elles n'échappent cependant pas, de la part d'une partie des forces politiques, à la tentation de l'instrumentalisation.
Mis à jour le  4 mai 2017